The Music I Make

Des compositeurs de musique acousmatique bien accompagnés s’aventurent hors de leur champ d’origine vers du « live electronics »

Il y a la musique électronique que le public aime. Celle que nos amis (musiciens ou non) aiment. Celle que nous aimons nous-mêmes. Et puis il y a celle que nous faisons, sans volonté de se situer ou de se vendre. Juste parce que c’est nous. Un peu laptop ou un peu guitare, très haut-parleurs, mais surtout très axée sur le son. Avec potards ou curseurs, électronique mais pas très synthétique, savante mais pas académique.

Au-delà, le point commun des musiques présentées est d’émaner d’artistes formés d’abord à l’art de la composition acousmatique, dans laquelle le déroulement temporel est totalement déterminé préalablement au concert. Ici, il s’agit au contraire de musiques « live », pas tout à fait ou pas du tout écrites préalablement. Reste une sensibilité, un univers sonore et un savoir-faire qui a certainement quelque chose à voir avec la pratique acousmatique de ces musiciens, mais pour des destinées autres. Et chacun.e avec sa sensibilité, quelque part entre méditations contemplatives et éclats sonores.

Raphaël Vens interprète Chants aphasiques, une musique basée sur la collecte de voix via une installation interactive. De son côté, Caroline Profanter, dans Kobaltblau, conduit l’auditeur dans un labyrinthe d’un spectre sonore dense, sur le seuil perceptif de ce qui nous est familier, oscillant entre les paysages sonores urbains et naturels, en constante mutation vers l’hybridation. Noé Voisard propose Rouges-Terres, une errance paisible qui invite à une écoute posée, un moment de respiration, pour devenir paysage ou poème. Enfin, Tympocaïne 200 (Roald Baudoux, Hugues Peeters) crée quelques improvisations libres sur son dispositif très tactile.

Une sorte d’état des lieux de quelques artistes vivant en Wallonie ou Bruxelles aujourd’hui.

 

 

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